Année 2005

Année marquée par deux grandes réussites sur le plan sportif

Année de doute en tout genre de blessures physiques,…et morales

 

12 juin 2005 : J’ai gagné ! ! ! 40 ans après ma première médaille ; après 6 tentatives, une 4ème place (la première année) et 2 deuxièmes places (en 2004 et 2003), je suis champion Fédéral.

Vétéran…, en FSCF…, mais vainqueur d’une compétition nationale quand même !

Compétition difficile psychologiquement : c’est peut être la dernière, peur de la rater

Difficile aussi physiquement : reprise de l’entraînement seulement depuis 4 semaines, j’ai fait plutôt des footings au printemps (préparation du Raid), je ne suis pas au top en gym, beaucoup de mal à régler ma course et mon saut ; mais surtout une douleur dans le dos , à la base du coup et sur toute la largeur des épaules au niveau des omoplates. La douleur apparaît à l’échauffement et ne me quittera pas de la compétition.

Super motivation, encouragé et dirigé par le meilleur des entraîneurs que j’ai eu (avec Papa) : ma Fille Nini. Elle est très dure, sûrement comme je l’ai été, mais ses conseils et sa présence sont mon meilleur atout. Au décompte final, je gagne de 5 centièmes, le plus petit écart. La joie de l’avoir fait et de l’avoir fait avec Virginie.

 

22 octobre 2005, 21h28 le stade de La Redoute à Saint Denis de La Réunion, je suis HEUREUX, et pourtant je ne réalise pas encore : je viens de boucler Le Grand Raid de La Réunion, La Diagonale des Fous. Cette fois celle qui tient l’appareil photo et qui vient m’embrasser c’est Minou. Je suis vidé, mais je tiens encore debout. Je viens de faire plus de 150kms, avec environ 9000m de dénivelé positif en 43h 28mn. Un rêve qui me trottait dans la tête depuis quelques années. J’avais peur de ne pas pouvoir le terminer, je pensais le finir en rampant et pourtant je viens de faire les 25 derniers kms en courant. Ma cheville a tenu, mon tendon ne m’a pas arrêté, ce qui a failli me faire abandonner, c’est mon estomac.

Vendredi 21, 2h00 du matin à St Philippe, c’est le départ, j’ai un nœud sur l’estomac, comme à chaque compétition. Là, l’enjeu est de taille et donc le nœud aussi. Et là, contrairement à d’habitude le début de la compétition n’efface pas le malaise, il grandit plutôt. Monté au Piton de la Fournaise avec une banane et quelques grains de raisins dans l’estomac, même l’eau ne veut pas passer. Non seulement j’ai du mal à m’alimenter mais je me « vide » très vite, je suis obligé de m’arrêter de nombreuses fois au bord du chemin (heureusement que j’ai prévu beaucoup de PQ).

Les paysages sont superbes, même si j’ai du mal à les apprécier pleinement. La descente sur Mare à Boue, facile mais pourtant je peine je n’arrive pas à courir je ressens le manque d’eau et de nourriture.

Au ravitaillement un bol de soupe arrive à passer et me permet de repartir mais la montée au Coteau Kerveguen et interminable et au ravitaillement je m’écroule sous la tente des secouristes. Avec le médecin, le deal est simple : soit je réussis à me ré-alimenter et surtout à me réhydrater soit il me garde et me met sous perfusion. Moment intense de doute, allongé sur ce lit de camp, seul avec ce rêve qui s’enfuit. La pensée de tous ceux qui me suivait depuis la métropole (par Internet interposé), mes filles, Christine, … tous qui croyaient en moi, la volonté de ne pas me laisser aller et puis… de quoi j’aurais l’air si je ne termine pas ce que j’ai commencé. Après 2 petits bols de soupe et 3 verres d’eau salée (beurk) je repars doucement pour la descente sur Cilaos. Deux heures de sommeil, un réveil difficile avec une cheville douloureuse mais enfin je peux m’alimenter, pâtes, poulet, boire, boire…

Je repars, les douleurs à la cheville s’estompent et la suite va aller beaucoup mieux même si la fatigue et la lassitude psychique vont me suivre jusqu’au bout. Le froid de la plaine des Tamarins au petit jour, la chaleur du Cirque de Mafate en plein midi…un peu de repos (35mn) à Deux Bras et j’attaque la « dernière » grosse montée (soit disant) avec à l’arrivée à Dos D’Ane le plaisir de retrouver Minou, une formidable motivation supplémentaire.

La fin va me paraître interminable avec cette montée sur le Piton Fougère qui n’en finit pas et cette descente vers la ligne d’arrivée encore plus longue. Mais cette arrivée avec Minou qui m’attendait, ce bonheur de terminer, de réaliser un autre rêve, et quel rêve.

Je me suis demandé pendant la préparation de cette épreuve si je n’allai pas butter sur mes limites, si je n’allai pas m’arrêter, bloqué par les crampes ou par une tendinite et puis je m’aperçois que je peux aller plus loin. Jusqu’où ? ? ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.