Le Tour de la Grande Casse 2014: Ma course!

Dimanche 24 aout 2014, Pralognan la Vanoise, 5h00… l’organisateur nous souhaite bonne course et lâche les 200 coureurs du Tour de la Grande Casse! C’est parti, enfin, je me sens bien!

En effet, ces dernières semaines, malgré le fait que je sois en vacances en montagne avec les copains, je n’étais pas au mieux dans ma tête. Le TGC, 63kms et 3850m à monter et redescendre, j’ai fait bien plus difficile que cela, mais… cela fait plusieurs année que je n’ai pas couru ce genre de distance et je n’ai pas fait une préparation optimale. J’ai soigné mes genoux douloureux (kiné…) au début de l’été et le résultat ne me satisfait pas complètement. Pendant les 2 semaines de montagne, j’ai à nouveau de mauvaises sensations de ce côté-là. Pendant ces 2 semaines j’ai fait beaucoup de grimpe, avec bien sûr des marches d’approche, mais les efforts sont vraiment différents de ceux d’une course. Pas une seule sortie footing; il faut dire qu’en rentrant des journées de grimpe, je n’en avais pas vraiment ni l’envie ni même la possibilité (trop tard et trop fatigué). Donc, cela fait beaucoup de facteurs qui me font douter de mes capacités à aller au bout de cette course. Je n’ai en effet pas d’autre ambition que de la terminer dans les délais imposés par les barrières horaires. Mon temps et le classement, c’est secondaire. Bien sur mon esprit compétition a envie de faire un chrono et une place honnêtes, mais la raison me dit que si je termine, ce sera déjà bien. J’ai établi un tableau avec des temps de passage aux différents points de contrôle, en essayant d’imaginer ce que je suis capable de faire.

Départ du centre du village de Pralognan, quelques centaines de mètres de « plat », légère descente et tout de suite, nous rentrons dans le vif du sujet, le premier col, celui de Leschaux. Et même si les premiers continuent surement de galoper devant, le gros du peloton marche. Une seule file, et les yeux rivés sur les baskets de celui qui est devant moi, j’essaye de trouver le bon rythme. Bien respirer, pas de geste superflu, soulever les pieds le moins possible…

Les organisateurs nous avaient prévenu que le temps serait un peu frais et qu’il fallait prévoir coupe-vent et vêtement chaud. Je suis parti bien couvert, car à 5h00 il faisait un peu froid. Dans la montée, j’ai retiré les 2 couches supérieures, mais en arrivant au col … il neige!!! Je remets vite le coupe-vent avant de plonger dans la descente.

Si dans la montée, j’ai un peu souffert pour ne pas perdre trop de temps (et de places), je vais beaucoup mieux dans la descente. Je rattrape et dépasse les coureurs avec qui j’ai fait la montée et je regagne un peu de temps sur mon tableau de marche.

Au premier ravitaillement (Plan Fournier), je retrouve Manu qui me passe les bâtons que j’avais oubliés au chalet. Je pense que c’est une bonne chose de ne pas les avoir pris dès le début, je me suis un peu économisé les bras. Mais sur le reste du parcours, je suis sûr que ça peut m’aider à finir. Je lui laisse ma frontale, car maintenant il fait jour. Je ne m’attarde pas, le plein de la poche à eau, une poignée de raisins secs et je repars.

La suite, jusqu’au Laisonnay (le 2ème ravitaillement) se passe bien, il n’y a pas de violent dénivelé comme sur le départ, j’alterne la course sur les descentes, et les montées légères et la marche lorsque la pente se redresse un peu. La température est idéale et tout va bien, je me dis que c’est tout bon pour la suite.

J’arrive au 2ème ravitaillement avant mon accompagnateur, je suis largement en avance sur mon tableau de marche. Manu me retrouve le temps que je me ravitaille, il a le sac que j’ai préparé avec du change, mais je garde le collant long et le maillot manches longues; je laisse aussi dans mon sac de course le coupe-vent et la mini polaire… Je préfère rester prudent, et avoir peut être un peu chaud, mais surtout ne pas me geler lorsque je vais passer en altitude. Je passe par les WC publics, car je retrouve les problèmes digestifs que je connais sur la plupart de mes gros trail… Et après l’oubli des bâtons ce matin, j’ai aussi oublié les comprimés pour pallier à ces problèmes! Décidément, j’ai perdu des réflexes simples et indispensables en ultra-trail.

La suite de la course devient un peu plus dure, surtout pour le mental. D’abord il faut faire attention à ne pas se perdre, car le balisage est interdit dans le cœur du Parc de la Vanoise et il faut bien suivre l’itinéraire du GR, mais … ce n’est pas aussi facile que lorsqu’on randonne. Ensuite, il commence à faire chaud et je regrette l’option que je viens de choisir au précédent ravitaillement. Et surtout, le col du Palet… c’est super long!!! Il n’en finit pas, les jambes commencent à être bien lourdes, même si je n’en suis pas encore aux crampes (heureusement). Et bien sûr, comme dans la plupart de mes longues courses, je me jure que c’est la dernière!!! D’ailleurs, « Qu’est-ce que je suis venu faire ici??? Pourquoi je me suis inscrit ??? » Bref le gros coup de déprime!!

Quelques coureurs me passent dans cette montée, mais depuis le 2ème ravito, nous sommes très espacés, et pas possible de m’accrocher et d’en suivre un. Je ne suis vraiment pas bon dans les montées!

Enfin le col! Je plonge dans la descente sur Val Claret, le 3ème ravitaillement et la dernière barrière horaire. Je me régale à nouveau, et j’enchaine pratiquement toute cette descente « plein pot ». Un rapide coup d’œil sur le paysage, mais que c’est moche une grosse station de ski pleine d’immeubles (carrés et pas du tout style chalet savoyard). Je reprends du temps perdu sur la montée à mon rythme d’escargot, je reprends aussi quelques places, mais surtout je suis au 3ème ravitaillement largement avant la barrière horaire et pour l’instant, c’est ce qui m’importe. J’ai encore un tout petit peu d’avance sur mon tableau de marche. Ce n’était pas prévu que Manu me retrouve là, car cela faisait bien trop de route et ce n’était pas utile, car il y a tout ce qu’il faut au ravitaillement et je ne vais pas changer de vêtement maintenant.

Je repars rapidement, et attaque la grosse montée suivante du col de la Leisse. Je reprends le mode marche et économique autant que possible. J’appuie un maximum sur mes bâtons pour économiser les cuisses et garder malgré tout une allure pas trop lente. Beaucoup moins chaud que dans la précédente montée, le vent vient de face et je ne regrette pas d’être resté « en long ».

Faux plat et un peu de descente pour rejoindre le refuge de la Leisse, le 4ème ravito. Comme aux autres contrôles, le dossard est « bipé », mais … il n’y a pas de réseau ici, donc mon temps de passage ne sera enregistré que lorsque l’ordinateur sera redescendu dans la vallée (ce soir). Dommage, ceux qui me suivent par Internet interposé ne vont pas savoir que je suis passé. Là aussi je fonce aux toilettes, car mon ventre me fait souffrir autant que les jambes et me gêne beaucoup. A noter une super soupe de légume, comme dans tous les bons refuges!!! Je ne sais pas si mon ventre va aimer, mais il me faut un peu de salé et beaucoup d’eau, donc… j’en prends!

La descente sur le pont de Croé-Vie se passe comme les autres descentes… à bloc, histoire de refaire le retard que j’ai dû prendre dans la montée. Deux concurrents de rattrapés, seulement, mais nous sommes tellement espacés.

Dernière montée… vers le refuge de la Vanoise, et elle démarre très raide!!! Mais je sens la fin et je « mets le paquet ». A part 2 arrêts au bord du chemin à cause de mes problèmes digestifs, je monte mieux que les précédents cols. Mais mes arrêts obligés m’ont fait perdre un peu de temps et j’ai maintenant un peu de retard sur mon tableau de marche. Le grand « faux plat » avant l’arrivée au refuge me parait interminable, mais enfin, le dernier ravitaillement et…il ne reste plus que la descente sur Pralognan. Toujours le détour aux toilettes, par contre je ne perds pas de temps à remplir la poche à eau, il m’en reste quelques gouttes, ça suffira pour la dernière heure.

Huit kms et 1000m de dénivelé négatif… dernière étape et malgré les cuisses qui surchauffent et les genoux qui brulent, je dévale ce chemin le plus vite possible et je me fais plaisir encore une fois. Super le sentier en zig-zag sous les sapins! Sur toute la descente, je ne vois aucun coureur, mais par contre une multitude de randonneurs qui m’encouragent. J’entends les haut-parleurs sur la ligne d’arrivée, un dernier virage, je débouche sur la place principale de Pralognan… l’arche et … c’est fini!!! Je peux me poser, car je ne tiens plus debout, mais je suis heureux!!! Comme à la fin de chacune de mes courses!!!

Bilan chiffré: 63kms et 3855m de dénivelé en 12h44mn

Classement: 114ème sur 153 classés (200 inscrits) et 20ème V2 sur 28.

Ces quelques chiffres représentent une performance très moyenne, mais compte tenu de la préparation et des conditions dans lesquelles j’ai fait cette course, je suis satisfait. J’avais tablé sur 12h30 et sans mes soucis digestifs, je tenais ce temps.

Je suis assez content aussi de de retrouver des sensations oubliées depuis 2 ans.

J’ai aussi retrouvé un peu de confiance en moi… je peux encore faire une longue distance!

Rendez–vous la saison prochaine pour le …

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