Trail Vallée des Lacs 2019: ma course

Le 15 juin 2019 à Gérardmer (Vosges)

Pas eu le temps de faire ce récit « à chaud » et donc ce sera un rapide résumé, mais je veux quand même laisser une petite trace de ce beau trail.

Ma préparation avait bien mieux débuté que celle de l’an dernier pour la Trans-Aubrac. La course était programmée depuis plus longtemps, je savais que j’avais 56kms et 3000m de D+ à faire avec en même temps des copains qui seraient sur la même distance, mais en relais.

Et puis ce mercredi, 17 jours avant le départ, au milieu de mon entrainement (avec quelques accélérations) j’ai ressenti une douleur qui s’est amplifiée très vite, sous la cuisse gauche. Retour douloureux, arrêt des entrainements… poursuite un peu de l’escalade (on est en plein dans la saison des sorties), ça reste sensible…

RDV chez le kiné, à qui je demande de me soulager de cette « contracture »… et il m’annonce que j’ai un hématome et que donc c’est plutôt une déchirure… « Il faut compter 3 à 5 semaines de cicatrisation… donc samedi, ce sera trop juste, vous risquez de tout aggraver et d’être immobilisé bien plus longtemps! »

Je lui promets donc de ne pas insister si la douleur revient et s’amplifie…

Et c’est avec cette idée dans un coin de la tête que je prends le départ ce samedi 15 juin.

Météo correcte, pas trop chaud, avec gros risque d’orage vers 17h… il faut arriver avant…

Trois ravitaillements découpent ces 56kms en 4 étapes de 12 à 15kms; sachant qu’à chacun d’eux, il y a de quoi remplir la poche à eau et que je vais retrouver les copains suiveurs, pas la peine de charger le sac; je mets juste le minimum obligatoire.

Je me suis mis avec  Nicolas et Lorris, les premiers 2 relayeurs de nos équipes de club. Nous sommes assez loin sur la ligne de départ et l’intention, c’est de partir plutôt doucement, d’écouter ma cuisse et de voir plus tard… Mais dès le départ, je retrouve mes habitudes et je laisse les copains pour remonter rapidement le peloton. Enfin pas tous, je suis vite stoppé dans mon élan, car après une petite partie le long du lac la pente se redresse brutalement et je prends rapidement l’allure marche rapide (ou pas, car par moment ça « bouchonne » sur des rétrécissements).

Premiers kms, tout va bien, le corps en général et les cuisses en particulier « tournent » bien!

J’essaie de bien boire, régulièrement; je consulte ma nouvelle montre de temps en temps pour voir où j’en suis et surveiller mon rythme cardiaque (c’est beau la technologie). J’ai quelques doutes sur ma poche à eau, car j’ai le dos et le short trempés… je transpire, mais pas à ce point-là…

J’arrive au 1er ravitaillement et je retrouve l’équipe de suiveurs (suiveuses), je suis le 1er des 3 coureurs du club et pourtant ils ont beaucoup moins à faire que moi, ils auraient dû passer avant… Je suis surement parti trop vite…

Je grignote quelques fruits secs, je bois un ou 2 verres d’eau pendant que les copains me remplissent la poche à eau et s’aperçoivent qu’elle fuit!!! Légèrement, mais elle fuit! Pas de solution dans l’immédiat, je repars très vite, j’ai en tête qu’il faut finir avant les orages et que je peux peut-être aussi être bien classé en V3. Moi qui d’habitude prends mon temps sur les trails longs…

La fuite a dû s’aggraver car vers le 8 ou 9ème km de cette étape qui en compte 15, je n’ai plus d’eau! J’ai les vêtements trempés, et c’est la première fois que je suis gêné par des frottements mal placés. Il commence à faire chaud, la pente est raide et je sens venir les crampes à cause d’une mauvaise hydratation. Philippe le 2ème relayeur de l’équipe 1 m’a dépassé depuis quelques kms, il va bien et je suis content pour lui. Je demande à des spectateurs s’ils peuvent me passer un peu d’eau, ce qu’ils font volontiers. Je n’ose pas le faire avec les autres coureurs pour ne pas les pénaliser, mais certains me le proposent!!! C’est ça l’esprit « trail ».

La fin de la montée et le km de descente pour terminer cette étape sont vraiment difficiles, les jambes raides, la gorge sèche… il faut vite réhydrater avant que ce soit trop tard. Je suis vraiment « dans le dur », je me concentre sur mes images positives, le mental… comme à chaque passage difficile, je pense au personnes que j’aime et qui croient en moi, qu’il ne faut pas décevoir… aux sensations à la fin des courses, la musique sur la fin de l’UTMB, … Ma préparation physique n’a peut-être pas été au top, il faut donc compter comme dab sur le mental.

Enfin le 2ème ravito… boire… les copains sont là et me m’échangent ma poche à eau avec celle d’un relayeur qui en a terminé. Je ne m’attarde pas plus que sur le 1er. Je suis juste un peu inquiet que Nicolas ne m’aie pas rattrapé…

Je ne sais pas si c’est le manque d’eau ou mon départ un peu rapide, mais les muscles des jambes sont bien raides et à la limite des crampes, une sensation que je connais malheureusement bien…

Je vois arriver Béatrice, la relayeuse qui a pris la suite de Nicolas… ouf, ça va, il a juste eu un coup de « moins bien ». Je ne peux bien sûr pas suivre son allure, j’ai 35kms dans les jambes, elle commence et il nous en reste une bonne vingtaine…

Depuis le début de l’épreuve, je n’ai pas cessé « d’écouter » mes cuisses. Si la droite me « brule » légèrement depuis le début, mais pas plus que dans la vie de tous les jours (depuis presque 3 ans), la gauche ne m’a pas lancé de signe d’alarme… La déchirure aurait-elle cicatrisé plus vite que le kiné me l’a dit… je n’y crois pas trop et je ne crie pas victoire, mais je suis un peu plus optimiste que ce matin.

Les copains sont à plusieurs points de passage et c’est bien motivant d’avoir des encouragements sur le parcours. Il faut aussi signaler que les très nombreux spectateurs encouragent tous les coureurs, même les inconnus!

Si j’ai eu bien du mal sur la 2ème étape, un peu plus longue que ce qui était annoncé et surtout au vu de mes conditions, la 3ème, la plus courte de la course, passe plutôt bien. Je me suis un peu « retapé », même si les jambes me rappellent à chaque foulée que je suis parti vite, que j’ai manqué d’eau, que ma préparation a été tronquée, que je n’ai plus 20ans…

3ème ravito, comme les précédents, je passe mon sac aux copains, qui remplissent la poche pendant que je prends de quoi grignoter et que je bois un peu. Jusque-là, le tube digestif allait bien (contrairement à la plupart de mes grands trails) mais il commence à me dire qu’il est malmené et que la digestion pendant la course, ce n’est pas naturel… (enfin chez moi). Je ne perds pas beaucoup de temps non plus, j’ai toujours en tête l’idée de finir avant les orages et éventuellement un classement V3.

La dernière étape est plus en descente qu’en montée, mais comme l’an dernier, il ne fallait pas s’y fier… J’aime bien les descentes; et depuis le début de la course, je gagne des places à chaque fois que ça descend et surtout si c’est technique; je les perds en général dans la montée suivante (pas toutes). Mais là, il y a des passages tellement mauvais que je n’arrive pas à courir; et puis je ne suis plus aussi sûr de mes appuis et je ne veux surtout pas chuter. J’ai les cuisses tellement raides et douloureuses que je ne sais plus ce qui vient de la fatigue ou des douleurs dues aux blessures…

Sur les derniers kms, le parcours est commun avec la course des 90kms qui est partie tôt ce matin et avec celle des 17kms… c’est plutôt sympa, car au lieu de ramer tout seul sur le chemin, il y a plein de coureurs (coureuses) qui me doublent en général, mais qui m’aident à relancer un peu le rythme et à faire « passer le temps ». La fin, rue (bitume) en descente très raide… et même si je me lance à fond et que je reprends quelques places (intérêt???) je ne sens plus mes jambes, j’ai les pieds en feu, et il faut vite en finir!!!

Quelques centaines de mètres sur l’herbe au bord du lac, les copains, la ligne d’arrivée!!! HEUREUX!!!

Résultat: 329ème sur 545 (484 classés); 6ème V3 sur 10

Temps: 10h08mn32s pour 56kms et 3000m de D+

Temps/km: 10:53 ; Vitesse: 5,52 km/h

Un super trail, un super week-end avec une bonne équipe de coureurs-grimpeurs avec une super ambiance dans le groupe.

Au final, ma cuisse gauche « a tenu » et 3 jours après, mon kiné constate qu’il n’y a plus d’hématome, qu’il y a quelques courbatures (difficiles de faire sans) mais que « tout va bien »!

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